Posté le 08.08.2007 par adapy
Une jeune élève et Myriam Delahoux
L'atelier de dessin-peinture ADAPY - La Maison Rouge fête cette année ses trente ans d'existence.
Myriam Delahoux, sculpteur-peintre, a donné son premier cours de dessin à Chatou en septembre 1977.
Depuis trente ans, ce sont quelque 636 élèves, adultes, adolescents et enfants, qui ont bénéficié de son enseignement, certains pour quelques mois, d'autres pendant plusieurs années. En effet, après deux années d'apprentissage où l'on apprend les principes du dessin et de la peinture, on peut rester élève de Myriam Delahoux pour plusieurs années, car les thèmes étudiés changent d'une année sur l'autre.
Ces thèmes peuvent être: le personnage dans l'oeuvre de Cézanne, la peinture à l'oeuf selon l'école flamande, ou encore les reflets de La Défense, la peinture préhistorique, le paysage chez Turner. Chacun peint "à la manière de" tout en gardant sa propre personnalité.
Entre les premiers cours de 1977 et cette rentrée de 2007, Myriam Delahoux a parcouru un long chemin de professeur, mais aussi "d'apprentie" : elle aime à dire que ses élèves lui ont beaucoup appris. Elle tire aujourd'hui un bilan de ses trente ans d'enseignement
Posté le 23.07.2007 par adapy
Oeuvre de Jean 11 ans
Pratique
Atelier:
La salle de cours a une surface de 25 m2, au rez-de-chaussée d'un bâtiment, dans un jardin privé de 800 m2. Aux beaux jours, les cours se passent à l'extérieur pour dessiner et peindre les arbres, les fleurs et la nature environnante. Le bâtiment donne sur la rue de la Bibliothèque, ruelle piétonnière qui relie la rue de l'Asile (au niveau du numéro Il) à l'avenue de Brimont (au niveau du numéro 12). Pas de circulation automobile à proximité directe de l'atelier. Parking deux-roues fermé. Parking voiture proche.
Cours:
Un cours rassemble de 4 à 8 élèves, en général de même âge et de même niveau. L'enseignement étant suivi, il est fort dommage d'arriver en retard au cours ou de manquer un ou plusieurs cours car l'élève perd le fil de la progression et doit rattraper les autres.
Durée des cours:
- pour les enfants, un cours dure 1 heure 15 mn,
- pour les adolescents, 1 heure 15 mn plus de l'atelier libre,
- pour les adultes, 2 heures plus de l'atelier libre.
Calendrier des cours:
Un cours a lieu une fois par semaine, à heures fixes, le mardi ou le mercredi. Le calendrier suit celui de l'année scolaire. Aucun cours n'est donné pendant les vacances scolaires. Une année compte 30 cours minimum.
Posté le 23.07.2007 par adapy
Une élève adulte croque sa famille en vacances
Posté le 23.07.2007 par adapy
Arbre du jardin
Tout le monde peut apprendre à dessiner
Sans le savoir, tout individu sait dessiner. Il suffit qu'il apprenne, comme il a appris à lire ou à écrire quand il était petit. Après trente ans de cours, Myriam Delahoux connaît de nombreux moyens pour faire dessiner quelqu'un qui se dit non-doué mais qui est motivé pour y arriver.
Selon elle, le plus handicapant est de vouloir faire bien dès la première fois, ce qui est impossible.
Ce qui est possible, en revanche, et nécessaire c'est de vouloir se faire plaisir, plaisir de faire son dessin à soi, avec son trait, sa personnalité, son regard.
Et ceux qui ont l'impression de ne pas y arriver sont portés par le groupe, par l'ambiance sympathique et décontractée des séances. Chaque séance ne rassemble pas moins de quatre participants et pas plus de huit.
En deux ans, à raison d'une séance par semaine, tout élève motivé a assimilé les bases du dessin et de la peinture, et sait se débroui1ler très honorablement. S'il a beaucoup de talent, il peut devenir Picasso. S'il a peu de talent, il possède déjà la technique et peut peindre pour son plaisir, ce qui est déjà beaucoup.
Posté le 23.07.2007 par adapy
Liberté du geste
Apprendre les bases. dans la variété
Tout art a ses règles, ses techniques, ses bases. Elles sont parfois pénibles à assimiler, c'est pourquoi Myriam Delahoux les enseigne avec autant de variété que possible.
Elle n'attend pas qu'un groupe de débutants sache parfaitement dessiner pour leur confier, dès le deuxième mois, des pinceaux et de la peinture à l'huile.
Un bon peintre doit savoir dessiner, mais un élève heureux est celui qui apprend dans la variété: dessin, peinture, modelage, nature morte, modèle vivant, aquarelle, huile, encre...
Dans le métier d'artiste, les thèmes et les moyens sont si riches qu'il serait dommage de ne les aborder que l'un après l'autre. Un second avantage: cette alternance de moyens permet au maître d'enseigner un même sujet sous plusieurs techniques différentes.
Par exemple, on peut dire que les élèves de Myriam Delahoux suivent trois fois le cours sur
"la ligne" : une fois en première année en traçant de grands traits à la craie, une autre fois en deuxième année lors de leur première oeuvre à l'encre de Chine, et une troisième fois par un thème d'expression, par exemple l'étude du mouvement dans un paysage.
Si un élève n'a pas accroché la première fois, il a toujours une chance de mieux comprendre par la suite, et de s'améliorer.
Posté le 23.07.2007 par adapy
8 séances de modèle vivant par an
Chez les adultes, un besoin de culture
Les adultes qui fréquentent un atelier ne veulent pas simplement apprendre à dessiner et à peindre. Ils ont besoin que leur apprentissage se fasse en liaison avec les manifestations artistiques parisiennes.
Ces dernières années, des travaux d'élèves avancés ont eu pour cadre: les Flamands et l'oeuvre de Breughel; Kupka, peintre du XXe siècle, du classique à l'abstrait; le personnage et l'effet de matière dans l'oeuvre de Tapies, peintre contemporain espagnol... Chaque élève a peint "à la manière de" un tableau représentant un thème de son choix: personnage, paysage, maison, mer, scène de la vie.
Posté le 23.07.2007 par adapy
Plusieurs manières de traiter le même sujet
Les adolescents cherchent un avenir
Les adolescents qui veulent apprendre le dessin et la peinture ont souvent envie de préparer une école d'art, ou du moins sans l'avouer, veulent tester leur habileté à la chose artistique. Selon les années, de 15 à 25% des jeunes qui fréquentent l'atelier de Myriam Delahoux entrent dans une école d'art de Paris ou de la région parisienne.
Les cours qui rassemblent les adolescents sont toujours très animés et la contestation y est de mise. Pourtant, les lois indispensables de la perspective, pour ne citer que cette discipline, font grincer des dents à qui veut se libérer trop tôt des carcans réglementaires. Il faut, hélas, très bien connaître les règles pour mieux les transgresser par la suite, ne cesse de répéter Myriam Delahoux à ses jeunes adultes.
Les jeunes sont, en revanche, éblouis et ravis quand elle leur fait découvrir la richesse de leur "cerveau droit", notre lobe pariétal de l'observation et de la création. Ce cerveau droit, le grand oublié de la scolarité française, des maths et de l'économie dont le cerveau gauche se délecte. Eblouis et ravis encore, quand ils apprennent que l'escargot; en toute innocence, construit sa coquille au "nombre d'or" qui est la norme du beau par excellence.
Posté le 23.07.2007 par adapy
Dans l'arbre du jardin, trouver son personnage imaginaire
Enfants: ni toits rouges. ni ciels bleus
A l'atelier de Myriam Delahoux, les toits ne sont jamais tout rouges et les ciels jamais tout bleus: dans un ciel ou sur un toit il y a toujours le blanc des nuages, le mauve du couchant, le noir des temps d'orage, bref l'arc en ciel n'est pas là pour rien !
Comment donner aux tout-petits ce sens des nuances? En leur faisant découvrir les choses par eux-mêmes.
Myriam Delahoux leur donne d'abord une couleur qu'ils utilisent plus ou moins diluée selon la force des éléments de leur peinture. Une deuxième couleur est donnée plus tard, avec laquelle les enfants peuvent en créer une troisième en la mélangeant à la première.
Aux irréductibles du toit tout rouge, Myriam Delahoux fait travailler le rêve par les tâches de couleur, d'abord nettes sur le papier puis qui se mélangent quand elles sont noyées d'eau.
Posté le 23.07.2007 par adapy
Un enfant s'émerveille devant le pommier du jardin
Pour s'exprimer. une foultitude de moyens
Dans l'atelier de Myriam Delahoux, on apprend à s'exprimer par tous les moyens dont l'artiste dispose: crayon et papier, pinceau et toile, craie et Canson, aquarelle et papier détrempé, pinceau japonais et papier de riz... L'élève peut s'essayer sur tout support à l'aide de chaque outil.
Encore doit-il connaître le moyen de donner de l'expression à son œuvre.
Le trait doit être fin ou épais selon que l'artiste veut exprimer délicatesse ou rudesse. La ligne sera douce ou vive selon qu'il veut dire la rêverie ou l'action. Et la couleur, chaude (rouge...) ou froide (bleu...) selon qu'il peint un homme en colère ou une vierge d'église.
Au fil des mois, Myriam Delahoux enseigne ces règles par l'alternance du dessin et de la peinture. Elle montre aussi les exceptions, pour que chaque élève ose trouver son expression personnelle. Car c'est en connaissant les lois que l'on peut les transgresser et donner force à l'expression.
Par exemple, les oeuvres du peintre expressionniste allemand Kokoschka sont harmonieuses malgré leurs erreurs, car ce sont ces erreurs qui expriment la tristesse voulue par l'artiste: le sentiment de pauvreté physique vient de la pauvreté technique et du manque de matière colorée; plus le dessin est brutal, plus les doigts des personnages semblent noueux.
A l'atelier de Myriam Delahoux, on apprend à se servir des bases pour mieux en sortir afin de s’exprimer selon sa personnalité et son vécu.
Posté le 23.07.2007 par adapy
Témoignages.
Extraits de lettres envoyées à Myriam Delahoux par d'anciens élèves.
"Je voudrais te remercier pour ce que j'ai fait et appris avec toi,
pour cette sensibilité que tu as dans l'art et que tu as su développer,
affiner chez moi."
Noémie Morer, 16 ans
"Je regrette un peu les séances de dessin dans le jardin,
la sculpture au Raku, l'atmosphère intime de l'atelier de Chatou."
Sébastien Séguineau, 13 ans
"Je regretterai toujours vos cours où flottait une certaine liberté d'esprit."
Uta Hennessen, adulte
"Je te remercie pour ces deux années de dessin qui m'ont beaucoup servi."
Laurence Bouillon, 12ans
"Une petite carte(...) pour t'annoncer que j'ai décroché mon bac avec mention Bien,
grâce notamment à un 14 en dessin."
Caroline Merle, 17 ans
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